LES GRANDS HORIZONS
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Quand la nuit tombe
Je me laisse emporter
Et je succombe
Aux charmes étoilés
De quels mystères
Le ciel est-il chargé ?
Que faut-il faire
Si lon veut les percer ?
Pendant des heures
Je ne fais quobserver
Les profondeurs
De ces immensités
Jai bon espoir
Dy trouver le sésame
Dy entrevoir
Le secret de nos âmes
Parcourir
Survoler
Ces étendues astrales
Se sentir imprégné
De ce vide sidéral
Vital
Accourir
Senvoler
A la verticale
Franchir léternité
Guidé par les étoiles
Les étoiles
Quand vient le jour
Que le soleil sélance
Sur son parcours
Il emporte en silence
Ces perceptions
Extrasensorielles
Je les vois qui sen vont
Sen rejoindre le ciel
Quels drôles de rêves
Éternels et fugaces ?
Qui nous soulèvent
Dont nous portons les traces
Indélébiles
Ancrés au plus profond
Ainsi soit-il
De ces grands horizons
VOYAGER DANS LE TEMPS
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Jouer avec leurs visages
Leur passé, leur avenir
Samuser à changer leur âge
Les vieillir, les rajeunir
Imaginer ce quils furent
Ou ce quil deviendront
Comment cet homme dâge mûr
Était-il petit garçon ?
Et cette jeune fille qui sourit
A quoi ressemblera-t-elle
Quand les rides, les cheveux gris
Se seront emparés delle ?
Voyager dans le temps
Qui se compresse et sexpand
Voguer au fil des ans
En arrière, en avant
En les dévisageant
Remonter le courant
Ou bien inversement
Les projeter loin devant
Si la vie de nous se joue
Si cest à sens unique
Que les années tracent en nous
Le chemin fatidique
Je préfère, pour me distraire
Retrancher, additionner
Rajouter ou soustraire
Le fardeau des années
ÉTRANGES ÉCHANGES
(Pour Fanny et Agathe)
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Agathe flâne insouciante
Au hasard de lenfance
Ignorant les tourmentes
Fragile et sans défense
Elle sourit à la vie
Et la vie lui sourit
Puisse-t-elle rester ainsi
Petite à linfini
Fanny longe hors datteinte
De merveilleux rivages
Ceux que chacun emprunte
Au début du voyage
Vingt-huit ans nous séparent
Et cest en la voyant
Que jai compris avoir
Un jour été enfant
Ce quon perd en chemin
Ce quon gagnera demain
Ce sont là de bien étranges échanges
Nous donne-t-on vraiment le change
Ce que la vie nous prend
Et ce quelle nous apprend
Chaque jour un peu moins dinnocence
Un peu plus dexpérience
Vulnérables et si pures
Un rien les désempare
Au fur et à mesure
Elle mettront des remparts
On devient forteresse
Quand la vie vous agresse
Puissent elles ne pas laisser
Les années les changer
Mais chacun sait pourtant
Quil en est autrement
Le temps détruit lenfant
Inexorablement
Je leur tiendrai la main
Les guiderai vers demain
Leur fraierai un passage
Pour traverser les âges
JAMAIS LES MÊMES
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Il y a longtemps déjà
Dici tu es partie
Sans faire le moindre bruit
Faire le vide derrière toi
Et puis tout sest enfui
Trop souvent je toublie
Toi, quas-tu découvert
A des millions dannées lumières
Quel est ce mystère
Qui tas laissé comme un goût amer
Est-ce le chant dune sirène
La blessure dune trop lourde peine
Mais quoi quil advienne
Tes yeux ne seront plus jamais les mêmes
Il y a longtemps déjà
Jai voulu tout savoir
Sans doute est-ce illusoire
Tu gardes tout pour toi
Au fond de ta mémoire
Je ne peux rien entrevoir
EN LESPACE DUNE SECONDE
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Javançais
Sans plus dentrain
Sans plus de peine
Que dhabitude
Je suivais
Ce même chemin
De ceux qui nprennent
Pas daltitude
Cétait un jour très ordinaire
Pour moi la vie suivait son cours
Pareil à demain, à hier
Sans faire de détours
Résigné
Sans illusion
Je me souviens
Que nos regards
Sont entrés
En collision
Ce fut comme un
Nouveau départ
En lespace dune seconde
Près des yeux près du coeur
Nous avons fait le tour du monde
Sur la même longueur donde
Criant notre bonheur
A des kilomètres à la ronde
Son visage
Sen est allé
Aussi vite
Quil était venu
Son image
Ma imprégné
Elle ne me quitte
Jamais
Elle maccompagne où que jaille
Et je ne peux men détacher
Nuit et jour, elle massaille
Revient me hanter
Ce récit
Nest quune histoire
Qui mensorcelle
Qui me poursuit
Et jai fini
Par y croire
Je voudrais quelle
Y croit aussi
TOUT OUBLIÉ
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Un beau jour, elle sest posée
Juste à mes côtés
Sans décliner
Son identité
Dun regard elle ma prié
De ne pas linterroger
Je ne sais rien delle
Ni de son passé
Dans quel pays, quelle contrée
A t-elle habité ?
Dans quels hôtels
Sest-elle arrêtée ?
On dit quelle a tout gommé, tout effacé
Lorsque nous nous sommes rencontrés
Quelle veut pouvoir voyager, maccompagner
Sans bagages, en toute liberté
On dit quelle a tout perdu, tout oublié
Pour protéger notre avenir
Dans une rivière quelle ne peut plus remonter
Se sont noyés ses souvenirs
Un beau jour elle balaiera
Tout de notre vie
Nemportera
Quun morceau doubli
Une page de plus à tourner
Un trait à tirer
De sa mémoire
Tout retirer
Delle, depuis toutes ces années
Je nai rien gardé
Je nose croire
Avoir tout inventé
LES CONTRÉES INEXPLORÉES
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Regarde
Retourne-toi
C'est à perte de vue
Que l'on voit le
Chemin parcouru
Regarde
Autour de toi
Ces vastes étendues
Je crois bien que
Rien n'a disparu
Nous naviguons sans encombre
Contre vents et marées
Chaque jour surgissent de l'ombre
Des contrées inexplorées
A la vie, à la mort
Pour le meilleur et pour le pire
Nous bravons les coups du sort
Rien peut nous désunir
Regarde
Droit derrière toi
Ne vois-tu rien venir
Ce sont là nos
Plus beaux souvenirs
Regarde
Droit devant toi
J'aimerais pouvoir t'offrir
A tout jamais
Ce bel avenir
Bercé par le vent
Nous nous laissons porter
Au gré du courant
Lui seul sait où nous mener
Flotter, insouciants
Se laisser dériver
Voguer, inconscients
Sans risquer de chavirer
JOHN EST UN GRAND VOYAGEUR
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John ne se retourne pas
Feuillette les pages une à une
Sans revenir sur ses pas
Sans nostalgie aucune
A mesure que la vie sécoule
Que passent les saisons et les ans
Peu à peu sa mémoire sécroule
Autant en emporte le vent
Lorsquil regarde en arrière
Il nest rien quil ne regrette
Nimagine autrement
Rien quil ne voudrait refaire
Ses souvenirs se jettent
Dans le lit du courant
Il navance, ni ne retarde
Se plaît à faire durer le présent
Ne se hasarde
Ni derrière, ni devant
Ne se hâte, ni ne sattarde
Ne brusque pas la course du temps
Prend bien garde
A cque vive chaque instant
John est un grand voyageur
Mais peu lui importe où il va
Ni même darriver à lheure
De toute façon on nlattend pas
Tous ces buts que lon poursuit
Bien souvent sans les atteindre
Cet horizon qui senfuit
Pour qui cherche à le rejoindre
Lorsquil regarde en avant
Il nest rien quil ne projette
Nimagine devenir
Rien dont il aille au devant
Pas de plan sur la comète
De pari, sur lavenir
VINGT QUATRE HEURES A SES CÔTÉS
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Quand au loin le soleil darde
Ses derniers rayons
Quand le nuit descend je mattarde
Sur le ponton
Jusquà ce quil finisse de plonger
Derrière lhorizon
Jaime à le voir sen aller
Il me fera ses adieux
Puis séclipsera
Pour partir bercer dautres cieux
Il y verra
Sans doute quelquun qui quelque part
Un peu comme moi
Laccompagnera du regard
Dans sa course tout autour de la terre
Je rêve quil va memmener
Je traverserai les fuseaux horaires
Vingt quatre heures à ses côtés
Quand au loin le soleil darde
Ses premiers rayons
Quand le jour se lève je mattarde
Sur le ponton
Qua-t-il vu en faisant sa ronde
Derrière lhorizon
De lautre côté du monde
PEUR DES PROFONDEURS
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Jamais elle ne perd le contrôle
Jamais une ivresse ne la frôle
Tellement peureuse
Pouvoir tomber amoureuse
Cette idée la rend nerveuse
Toujours naviguer en surface
Éviter de laisser des traces
Dans sa tanière
Parler à mots couverts
Sans sortir à découvert
Peur des profondeurs
Dexhiber trop de signes extérieurs
Livrer les clefs de son monde intérieur
Peur des profondeurs
Quon perce les secrets de son coeur
Pour fuir comme un voleur
Je nsais comment trouver la faille
Je nsais que faire pour quelle défaille
Aucun indice
Dans sa vie nul ne simmisce
Il nest aucun lien quelle ne tisse
Quelle me regarde sans détour
Montre son visage au grand jour
Percer le mystère
La lire à livre ouvert
Et voir du décor lenvers
LE POINÇONNEUR DES LILAS
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Jsuis lpoinçonneur des Lilas
Le gars quon croise et quon ne regarde pas
Ya pas de soleil sous la terre
Drôle de croisière
Pour tuer lennui jai dans ma veste
Les extraits du Reader Digest
Et dans cbouquin ya écrit
Que des gars sla coulent douce à Miami
Pendant ctemps que je fais lzouave
Au fond de la cave
Paraît quy a pas de sot métier
Moi jfais des trous dans des billets
Jfais des trous, des ptits trous, encore des ptits trous
Des ptits trous, des ptits trous, toujours des ptits trous
Des trous dseconde classe
Des trous dpremière classe
Jfais des trous, des ptits trous, encore des ptits trous
Des ptits trous, des ptits trous, toujours des ptits trous
Des petits trous, des petits trous
Des petits trous, des petits trous
Jsuis lpoinçonneur des Lilas
Pour Invalides changer à Opéra
Je vis au coeur dla planète
Jai dans la tête
Un carnaval de confettis
Jen amène jusque dans mon lit
Et sous mon ciel de faïence
Je nvois briller que les correspondances
Parfois je rêve, je divague
Je vois des vagues
Et dans la brume au bout du quai
Jvois un bateau qui viens me chercher
Pour msortir de ce trou où je fais des trous
Des ptits trous, des ptits trous, toujours des ptits trous
Mais lbateau se taille
Et jvois quje déraille
Et je reste dans mon trou à faire des ptits trous
Des ptits trous, des ptits trous, toujours des ptits trous
Des petits trous, des petits trous
Des petits trous, des petits trous
Jsuis lpoinçonneur des Lilas
Arts-et-Métiers direct par Levallois
Jen ai marre jen ai ma claque
De ce cloaque
Je voudrais jouer la fillde lair
Laisser ma casquette au vestiaire
Un jour viendra jen suis sûr
Où jpourrai mévader dans la nature
Jpartirai sur la grand route
Et coûte que coûte
Et si pour moi il nest plus temps
Je partirai les pieds devant
Jfais des trous, des ptits trous, encore des ptits trous
Des ptits trous, des ptits trous, toujours des ptits trous
Ya dquoi dvenir dingue
De quoi prendre un flingue
Sfaire un trou, un ptit trou, un dernier ptit trou
Un ptit trou, un ptit trou, un dernier ptit trou
Et on mmettra dans un grand trou
Où jentendrai plus parler dtrous, plus jamais dtrou
De petits trous de petits trous de petits trous